Article sur le film Les Enfants du Béton paru dans Le PARISIEN le lundi 21 janvier 2013

LD & JLP Les Enfants du BétonQue pensent les habitants de leur quartier ? Les architectes sont-ils responsables du mal de vivre que certains ressentent dans leur cité ? Que faudrait-il faire pour améliorer les choses ? « Les Enfants du béton », officiellement présenté ce lundi soir au cinéma du Kosmos à Fontenay-sous-Bois, donne quelques éléments de réponses à ces questions.
Pendant une heure vingt, des acteurs retranscrivent la parole des habitants de Fontenay-sous-Bois et de Marseille : « L’idée de ce projet est née il y a deux ans en voyant une habitante de Fontenay balayer d’un grand geste tous les HLM alentours et clamer Tout ça, c’est la faute à Le Corbusier ! » explique Jean-Luc Paliès, le réalisateur et directeur artistique de la compagnie Influenscènes.


Le père de l’architecture moderne est ainsi rendu responsable des tours en béton austères et des problèmes de vivre-ensemble qui en découlent. « On a eu envie d’aller plus loin et de savoir ce qu’en pensaient les gens », reprend-il.Louise Doutreligne, auteur associé à la compagnie Influenscènes, a puisé dans des dizaines de rencontres (dans des écoles, immeubles, foyers…) la matière pour écrire une pièce de théâtre « Tout ça, c’est la faute à Le Corbusier » ainsi que « Les Enfants du béton ».
Dans ce documentaire, on voit trois jeunes lycéens joués par des comédiens comparer leur établissement à « un cimetière, un tombeau », un retraité du bâtiment rappeler que l’habitat collectif « c’était bien » comparé aux bidonvilles… « Nous on ne pense pas que Le Corbusier soit responsable, c’est la faute à ceux qui ont fait mauvais usage de ses idées », estime Jean-Luc Paliès. Certains habitants avancent des solutions : construire une place vivante, des espaces publics reconnaissables, garder des familles « qui ne sont pas forcément dans une misère noire ».
Françoise Hutinet fait partie de ces habitants de Fontenay dont s’est inspiré le documentaire-fiction, « Les Enfants du béton ». A 66 ans, la vice-présidente de l’association Jean Zay en vie, est une véritable « enfant du béton ». En 1956, la petite fille, qui était âgée à l’époque de 10 ans, déménage dans une HLM à Villejuif en compagnie de sa famille : « C’était un vrai progrès ! Avant, nous vivions dans un tout petit appartement alors que nous étions six enfants ! » En 1973, c’est l’arrivée à Fontenay. Si elle estime que l’habitat collectif doit être amélioré, « cela ne fait pas tout ». « Ce sont les gens qui peuvent tout faire. Il faut qu’ils se réapproprient l’espace public ». Quant Marie-Claude Baffaut, habitante de la tour Delphine, « le béton, c’est notre cauchemar » : « On est propriétaire d’une tour qui ne résiste pas au temps. » La question de raser le bâtiment s’est posée à un moment, mais un ravalement a depuis été décidé par la copropriété. Outre ce désagrément, la septuagénaire regrette la disparition des petits commerces, mais « apprécie de vivre ici ».

Anne-Laure Abraham

Le lundi 21 janvier 2013, rendez-vous à 20 h 30 au cinéma le Kosmos, 243 ter, avenue de la République à Fontenay. Réservation indispensable : 01.49.74.79.10. Projections le 26 janvier au cinéma Les 3 Robespierre à Vitry et le 7 février au Lido à Saint-Maur. Fontenay, vendredi. Louise Doutreligne et Jean-Luc Paliès ont demandé à des habitants de Fontenay ce qu’ils auraient à dire aux architectes de leur quartier.

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